Chargée de labellisation, Paloma Dwidar intervient en aval de la formation pour fluidifier la démarche des candidats. De l’auto-évaluation jusqu’à l’attribution du label, elle est la garante de la cohérence et de la qualité des plans d’engagements RSE et Numérique Responsable.
Quel est ton rôle au sein de l’Agence LUCIE ?
J’accompagne les organisations dans leur parcours de labellisation, de l’auto-évaluation jusqu’à la prise d’engagements. Je réponds aux questions des membres concernant la démarche via des échanges par mail et visioconférence et je produis et révise des outils pour faciliter les processus de chacun.
Une part essentielle de mon travail consiste à relire rigoureusement les engagements des organisations et à leur faire des retours pour les finaliser, l’objectif étant de maximiser les chances du candidat et de préparer le terrain pour le comité de labellisation. Je ne fais pas de recommandations concrètes (c’est le travail des consultant·es), mais j’insiste beaucoup sur le formalisme pour apporter une cohérence d’ensemble aux plans examinés et faciliter la lecture par les expert·es indépendant·es et bénévoles des comités. Il faut s’assurer que les engagements soient bien harmonisés, pour que le label ait bien la même valeur et signification d’un organisme à un autre.
Au moment du comité de labellisation, j’assure l’animation et je remplis les observations des expert·es sur la plateforme LUCIE Evaluation.
Enfin ça… c’était avant ! J’ai récemment évolué vers le poste d’auditrice formatrice. En plus de continuer les relectures des plans d’engagements, j’assure dorénavant aussi les audits de labellisation pour LUCIE Progress et de mi-parcours pour LUCIE 26000. Je m’occupe également de concevoir et d’animer des formations en lien avec la méthode et les outils LUCIE.
Quelle a été ta principale motivation à exercer le poste de chargée de labellisation ?
Ce poste permet d’observer les écarts entre la théorie et l’application de la RSE, ce qui est très instructif tant les secteurs, types d’activités et tailles d’organisations sont variés. Dans la mesure où la démarche est très exigeante (on labellise le plan d’engagements et non pas l’audit) les organisations candidates sont motivées et actives, ce qui me donne de l’espoir pour l’avenir.
La multiplicité des interlocuteurs est aussi une source d’inspiration, apportant pleins d’idées et de bonnes pratiques. Et le plaisir des candidat·es lorsque on leur annonce leur labellisation est une satisfaction quotidienne !
Quelles idées reçues entends-tu sur la RSE ?
J’entends souvent : « La RSE, c’est sympa en théorie mais ça ne s’inscrit pas dans l’opérationnel, ça complique les process, ça engage des frais et n’est pas rentable. » C’est faux ! Lorsqu’on l’intègre à la stratégie globale, la RSE contribue à la performance des entreprises, renforce leur image et permet leur robustesse.
J’entends aussi parfois : « C’est de l’environnement et je n’ai pas d’impact à travers mon activité. » C’est un raccourci assez fréquent. La RSE inclut en réalité tous les aspects sociétaux. L’environnement n’est qu’un pilier parmi les 7 définis selon la norme ISO 26000, sur laquelle s’appuie notre label LUCIE 26000 :

La gouvernance de la structure

Les droits
humains

Les conditions et relations de travail

La responsabilité environnementale

La loyauté des
pratiques

La protection du consommateur

Le développement
local
Comment tentes-tu de contrer ces préjugés ?
Je m’efforce de montrer que la RSE permet de se poser des questions stratégiques structurantes sur le long terme. C’est une façon de penser le business autrement : cela ne doit pas être quelques actions sporadiques à la marge du business, mais être complètement intégrée à la stratégie. De cette façon, on adresse les bonnes questions de la bonne façon.
Je souligne également les impacts indirects à travers l’activité. Les fournisseurs, les prestataires, les ressources nécessaires, la fin de vie des produits vendus ou du matériel utilisé… C’est toute la chaîne de valeur qui doit être incluse dans la réflexion.
Et si tu avais une baguette magique ?
Avec une baguette magique, je ferais en sorte que tout le monde arrête de penser que nos choix individuels n’ont pas d’impact. Je souhaiterais que nous adoptions tous, y compris les décideur·euses politiques, une réflexion axée sur le long terme, la bienveillance et la coopération.
Un grand merci à Paloma Dwidar pour son témoignage !


