Dans un contexte où la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) est souvent perçue comme une contrainte ou un simple outil de communication, Michaël Troquet, Responsable Développement et Délégué Régional Grand Ouest de l’Agence LUCIE, met en lumière une réalité bien différente : celle d’une démarche transformatrice et structurante. À travers son parcours, ses convictions et son travail au quotidien, il déconstruit les a priori et montre comment la RSE peut devenir un levier positif pour les organisations, mais aussi pour la société.
Quel est le sens de ton métier ?
Je suis vraiment au cœur de la RSE. Mon métier, c’est d’accompagner les organisations (entreprises, associations, collectivités) à s’engager dans leur démarche responsable. Je ne vends pas un produit, mais une transformation : nos labels contribuent à formaliser, ancrer et améliorer une stratégie RSE. Il y a un côté gagnant-gagnant : ce que nous vendons est en accord avec mes convictions, et contribue en même temps à l’éthique et à la robustesse de nos clients… et de la société.
Ton rôle auprès des organisations et de la société ?
Je porte trois casquettes :
- Management du pôle Développement : je supervise les chargé·es de développement (nos commerciaux).
- Responsable de développement régional Grand Ouest : j’aide les organisations des Pays de la Loire et de Bretagne à choisir parmi nos solutions la plus adaptée à leurs besoins, je développe des partenariats avec des réseaux, et je participe à des salons, des actions promotions… Et je travaille également avec nos Consultants partenaires pour développer la Communauté LUCIE sur le territoire
- Animateur de la communauté : j’anime avec des partenaires des rencontres régionales auxquelles sont invités nos membres, comme des ateliers, des afterworks, des petits déjeuners…
Mon rôle, c’est aussi de faire tomber les barrières : beaucoup pensent ne pas être concernés par la RSE. Or, les risques et les dérives sont les mêmes partout. La RSE concerne TOUTES les organisations, quelle que soit leur taille et leur statut juridique.
Quelles sont tes convictions ?
J’ai précédemment eu des expériences en commerce international qui ne me correspondaient pas tout à fait. C’est à la suite d’un MBA spécialisé en RSE que j’ai rejoint l’Agence LUCIE. Comme toutes les autres Lucioles, je suis profondément engagé contre toute forme de greenwashing ou de socialwashing. Je m’assure d’en faire la prévention à travers un relationnel client le plus authentique possible. Je m’applique aussi à rester positif dans mes interventions malgré le contexte, pour motiver et engager toujours plus. Mieux vaut prendre le train en retard que ne pas le prendre du tout.
Que combats-tu au quotidien ?
Il faut en priorité contrer le déni. Puis le scepticisme et les idées reçues. J’ai notamment pu entendre que « la RSE on connait déjà, on n’a pas besoin d’apprendre ». Pourtant au cours du dialogue, l’organisation constate ce qui lui manque, elle identifie mieux les risques. Son regard change parfois même en cours de labellisation.
Un autre adage qu’on entend souvent concerne les coûts d’une démarche responsable. J’entends souvent : « La RSE ça coûte, mais qu’est-ce que ça rapporte ? » Il faut comprendre qu’il s’agit d’un investissement et non d’un coût. Une démarche mobilise, motive, renforce la marque employeur sur du très court terme par exemple.
Et au-delà, le ROI est progressif sur du moyen ou long terme. J’ai retenu une formule d’un Directeur RSE d’un grand groupe qui avait déclaré il y a quelques années : « À ceux qui disent que la responsabilité est coûteuse, je leur propose d’essayer l’irresponsabilité pour voir si c’est rentable ».
Quelles solutions apportes-tu ?
Il faut sensibiliser au mieux le grand public, les politiques, les entreprises : la gravité des enjeux écologiques et sociaux est sous-estimée. Beaucoup ne réalisent pas les changements contraints qui arrivent. Il faut provoquer l’électrochoc de la prise de conscience.
Concrètement, à l’Agence LUCIE, ça peut passer par les formations que l’on propose, mais on se doit aussi de présenter au mieux nos démarches de labellisation. Les différentes rencontres sont là pour ça. En réalisant que nos labels adoptent une logique de progrès concrets pour tirer pleinement parti des atouts de la RSE, les organisations comprennent rapidement l’intérêt de se lancer.
Un grand merci à Michaël Troquet pour son témoignage !
